Ce que le code de déontologie impose
L'article R242-48 du Code rural et de la pêche maritime prévoit que le vétérinaire assure la continuité des soins aux animaux qui lui sont confiés, éventuellement dans le cadre d'une convention entre vétérinaires libéraux déposée auprès du conseil régional de l'ordre, et qu'il informe le public des possibilités de faire assurer ce suivi par un confrère. Le commentaire de l'Ordre précise que cette continuité correspond à la possibilité, pour le client, de joindre le vétérinaire traitant, ses associés ou salariés, ou d'avoir la certitude de pouvoir joindre un vétérinaire capable d'intervenir en cas d'urgence.
Le même article traite de l'animal malade ou blessé en péril : lorsqu'il s'agit d'une espèce pour laquelle il a la compétence, l'équipement et l'assurance nécessaires, le vétérinaire s'efforce, dans les limites de ses possibilités, d'atténuer sa souffrance ; s'il ne peut répondre à la demande, il informe le demandeur des autres possibilités de prise en charge par un autre vétérinaire.
L'article R242-61 ajoute une obligation collective : les vétérinaires doivent participer à la permanence des soins, faire connaître au public les conditions dans lesquelles ils l'assurent, et répondre à toute demande, soit directement dans leur domaine de compétence, soit en adressant le client à un confrère.
Le téléphone prolonge l'information du public
L'article R242-73 détaille ce que doit indiquer la plaque de l'établissement : nom du vétérinaire, jours et heures de consultation, coordonnées téléphoniques, et modalités de prise en charge de la continuité et de la permanence des soins, avec le cas échéant l'adresse et le téléphone de la structure qui assure ce service. L'Ordre met par ailleurs à la disposition des vétérinaires un extranet pour déclarer leurs modalités de continuité et de permanence des soins, espèce par espèce.
Le bon réflexe consiste à aligner tous les canaux sur ces mêmes informations : la plaque, le site, le message d'accueil et ce que dit la personne ou l'outil qui décroche. Un propriétaire inquiet ne doit pas recevoir deux numéros de garde différents selon qu'il lit la porte ou qu'il appelle.
Ce que l'accueil ne doit pas faire
Le code demande au vétérinaire de définir avec précision les attributions du personnel placé sous son autorité et de le former aux règles de bonnes pratiques (article R242-33). Le conseil médical, lui, relève du vétérinaire : c'est lui qui formule ses recommandations et donne les explications utiles sur le diagnostic et la thérapeutique.
Concrètement, l'accueil ne propose ni produit, ni dose, ni geste à faire à la maison, et ne dit jamais « ça peut attendre demain ». Il ne juge pas non plus seul de la gravité : dès qu'un appelant parle d'urgence ou s'inquiète pour son animal, il applique la consigne prévue, sans discuter.
Écrire les consignes avant la première nuit
Les consignes tiennent sur une page, rédigée et validée par le ou les vétérinaires : le numéro et l'adresse du service de garde pour chaque espèce soignée, les horaires où la clinique peut recevoir une urgence, ce que l'accueil répond quand le propriétaire demande un avis, et le numéro vers lequel transférer un appel pendant les heures d'ouverture.
Elles précisent aussi les informations à recueillir pour que l'équipe puisse rappeler : nom et téléphone du propriétaire, espèce et nom de l'animal, s'il est déjà suivi à la clinique, et la description de la situation dans les mots du propriétaire. Ces éléments facilitent aussi le travail du confrère de garde, que l'article R242-61 invite à recueillir les informations sur les interventions antérieures.
Pendant les heures d'ouverture : un seul numéro pour les urgences
En journée, le vrai problème est souvent l'appel qui arrive pendant une consultation ou une chirurgie. Décidez une fois pour toutes vers quel poste un appel urgent est transféré, et qui le prend. Le reste peut attendre un rappel, à condition d'être noté proprement et relu dans la journée.
Un accueil qui oriente sans juger
Le bon accueil téléphonique d'une clinique vétérinaire ne remplace ni le vétérinaire ni le service de garde : il fait en sorte que le propriétaire sache, en quelques secondes, où appeler et quoi faire, puis il laisse une trace exploitable de l'appel.
Alyas répond 24 h/24 à partir des informations que la clinique lui fournit, par exemple les coordonnées de garde que vous avez indiquées ; s'il ne connaît pas la réponse, il le dit et propose de transmettre la demande, et il transfère l'appel vers un numéro unique quand l'appelant le demande. Il ne détecte pas seul les urgences et ne s'appuie que sur ce que vous lui avez fourni : n'y mettez aucun conseil médical, ces règles restent les vôtres. L'essai est gratuit pendant 10 jours, sans carte bancaire.
Questions fréquentes
Une clinique vétérinaire doit-elle répondre elle-même au téléphone la nuit ?
Le code impose d'assurer la continuité des soins, de participer à la permanence des soins et d'informer le public des modalités retenues. La continuité peut être assurée dans le cadre d'une convention entre vétérinaires libéraux et la permanence via un service de garde : l'essentiel est que le propriétaire sache qui joindre.
Une ASV peut-elle donner un conseil par téléphone ?
C'est au vétérinaire de définir les attributions de son personnel et de le former (article R242-33). Les conseils sur le diagnostic et le traitement relèvent du vétérinaire ; l'accueil oriente et transmet.
Où doit figurer le numéro de garde ?
L'article R242-73 prévoit que la plaque de l'établissement indique les modalités de continuité et de permanence des soins, avec le cas échéant l'adresse et le téléphone de la structure qui assure ce service. Reprenez la même information sur le site et au téléphone.
Sources
- Légifrance : article R242-48 du Code rural et de la pêche maritime (version en vigueur depuis le 16 mars 2015)
- Ordre des vétérinaires : code de déontologie vétérinaire, édition 2022 (articles R242-33, R242-61 et R242-73)
- Ordre des vétérinaires : code de déontologie commenté, article R242-48
- Ordre des vétérinaires : déclarer ses modalités de continuité et de permanence des soins
