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Commissaire de justice : accueillir des appelants sous tension, débiteurs comme créanciers

On n'appelle pas une étude de commissaire de justice par plaisir. Débiteurs inquiets, créanciers impatients, destinataires d'un acte : les appelants arrivent souvent tendus. Savoir quoi dire, quoi ne pas dire et quand passer la main protège l'étude comme l'appelant.

Commissaire de justice : appelants sous tension

Une profession récente, un vocabulaire qui n'a pas suivi

Les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné le 1er juillet 2022 dans une profession unique, celle de commissaire de justice, selon le ministère de la Justice. Ce changement résulte de l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016 relative au statut de commissaire de justice. Les commissaires de justice sont officiers publics et ministériels et exercent notamment les missions de signification des actes, d'exécution des décisions de justice, de constat et de recouvrement amiable.

Dans la bouche des appelants, le mot « huissier » reste courant : un accueil, humain ou automatisé, doit comprendre les deux termes comme équivalents, sans corriger l'appelant ni laisser croire qu'il s'est trompé de numéro. Ne présumez pas non plus que l'appelant sait ce que fait l'étude : un acte reçu, une lettre, un message d'un créancier suffisent à déclencher l'appel.

Reconnaître les profils d'appelants et adapter le ton

Quatre grandes situations reviennent : le destinataire d'un acte qui ne comprend pas ce qu'il a reçu, le débiteur qui a peur ou veut négocier, le créancier qui demande où en est son dossier, et le tiers (employeur, voisin, proche) qui appelle pour une autre personne. Chacun a besoin d'une réponse différente, et dans chaque cas le ton compte autant que le contenu.

Quelques règles s'imposent : parler calmement, ne jamais hausser la voix ni mettre la pression, reformuler la demande avec les mots de l'appelant, éviter les formules administratives sèches. Une phrase comme « Je comprends que ce courrier vous inquiète, je prends votre demande et un collaborateur vous rappelle » peut désamorcer davantage qu'une explication technique.

Écrivez deux ou trois phrases types, relues par les commissaires de justice de l'étude, que tout le monde utilise de la même façon : une phrase pour accuser réception de la demande, une pour annoncer le rappel, une pour dire ce que l'accueil ne peut pas faire. Une formulation commune évite les promesses involontaires et les réponses contradictoires selon la personne qui décroche.

Ce qu'on peut dire et ce qu'on ne dit pas au téléphone

Les informations générales peuvent être données : adresse de l'étude, horaires, moyens de transmettre un document, délais habituels de rappel. À l'inverse, le contenu d'un dossier (montant, état d'une procédure, nom du créancier ou du débiteur) ne se communique pas à un appelant dont l'identité et la qualité n'ont pas été vérifiées. Par prudence, un accueil sans accès au dossier ne confirme même pas l'existence d'une affaire : il prend les coordonnées et la référence indiquée sur le courrier, puis fait rappeler par la personne habilitée.

Tout ce qui ressemble à un avis juridique est exclu : dire à un débiteur s'il doit payer ou contester, évaluer une prescription, expliquer des recours, promettre un échéancier. L'Institut national de la consommation rappelle que le débiteur peut contester une dette par écrit et demander un échelonnement directement au créancier : ces démarches se discutent avec la personne compétente de l'étude ou avec un conseil, pas avec l'accueil.

Les comportements à proscrire

En phase amiable, l'INC range parmi les dérapages le fait de présenter des courriers de recouvrement comme ceux d'un commissaire de justice agissant en tant qu'officier de justice (une pratique qu'il qualifie d'illégale), l'emploi de termes menaçants comme « saisie de rémunération » alors qu'aucune saisie n'est possible à ce stade, et les pressions exercées sur l'entourage du débiteur ; il rappelle aussi le droit de chacun au respect de sa vie privée. Un accueil de commissaire de justice, qui parle au nom d'un officier public, doit être particulièrement attentif à la clarté : dire quelle est la nature de l'appel, qui parle, et ce que l'étude peut ou ne peut pas faire à ce stade.

La Chambre nationale des commissaires de justice indique que le recouvrement amiable peut passer par des échanges électroniques, téléphoniques ou par courrier, avant, si nécessaire, la phase judiciaire. Dans tous les cas, l'accueil n'est pas l'endroit où l'on négocie ou menace : il note, oriente et passe la main.

Savoir passer la main

Un appelant en détresse, qui pleure ou menace, doit être mis en relation avec une personne de l'étude le plus vite possible, ou rappelé par elle avec une heure précise. Définissez à l'avance des critères de passage de relais : mention d'une audience, d'une saisie, d'une expulsion, d'un risque pour une personne, demande explicite d'un humain. Écrivez-les, relisez-les avec l'équipe, testez-les.

Après l'appel, laissez une trace utile : motif, coordonnées, référence du courrier, délai de rappel annoncé, état émotionnel de l'appelant si cela aide le collaborateur à préparer sa réponse. Une note de trois lignes évite de refaire raconter toute l'histoire à une personne déjà éprouvée.

Alyas peut répondre 24 h/24 à partir des informations que vous lui fournissez : il annonce d'emblée qu'il est une IA et que l'appel est enregistré, capture les coordonnées et le motif, dépose une transcription et un résumé dans votre espace, et, s'il ne sait pas, il le dit et propose de transmettre la demande. Il transfère vers un seul numéro quand l'appelant le demande. Il ne donne aucun conseil juridique et ne détecte pas de lui-même une situation d'urgence. Essai gratuit de 10 jours, sans carte bancaire.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un huissier de justice et un commissaire de justice ?

Depuis le 1er juillet 2022, les huissiers de justice et les commissaires-priseurs judiciaires ont fusionné en une profession unique, celle de commissaire de justice, créée par l'ordonnance n° 2016-728 du 2 juin 2016. Le mot huissier reste d'usage courant.

Un accueil peut-il dire à un débiteur ce qu'il doit faire ?

Non : c'est un conseil juridique. L'accueil donne des informations générales (horaires, adresse, modalités de rappel), prend les coordonnées et transmet la demande à la personne compétente.

Que peut faire un commissaire de justice en phase amiable ?

Selon la Chambre nationale des commissaires de justice, il peut tenter de recouvrer une créance par voie électronique, téléphonique ou postale, avant une éventuelle phase judiciaire, et les frais de cette phase amiable sont supportés par le créancier. L'article L111-8 du Code des procédures civiles d'exécution, cité par l'INC, prévoit des exceptions : un acte dont l'accomplissement est prescrit par la loi au créancier, ou une décision du juge de l'exécution laissant tout ou partie des frais à la charge d'un débiteur de mauvaise foi.

Sources

Pour aller plus loin

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