Ce que l'on achète vraiment
Un télésecrétariat n'est pas une simple ligne téléphonique : c'est un service humain qui décroche en votre nom, prend des messages, parfois des rendez-vous, et vous les restitue. La qualité dépend donc de ce qui est convenu par écrit : qui répond, dans quelles plages horaires, avec quelles consignes et quelle restitution.
Les questions ci-dessous servent de grille de comparaison entre prestataires. Elles ne remplacent pas la lecture du contrat ni l'avis d'un juriste, notamment pour les points de droit.
Prenez le temps de décrire votre besoin avant de demander des devis : volume d'appels approximatif, plages à couvrir, types de demandes, informations sensibles éventuelles, outils avec lesquels la restitution doit s'articuler (agenda, messagerie, logiciel métier). Un cahier des charges d'une page permet de comparer des offres sur une base commune et de repérer celles qui répondent à une question que vous n'avez pas posée.
Périmètre, horaires et consignes
Demandez quelles plages sont réellement couvertes : jours ouvrés seulement, soirs, week-ends, jours fériés, périodes de vacances du prestataire. Demandez qui répond (équipe dédiée à votre compte ou équipe partagée entre clients), comment les opérateurs sont informés de votre activité, et comment vos consignes sont rédigées, mises à jour et vérifiées.
Interrogez aussi la restitution : sous quel délai et par quel canal les messages vous parviennent, dans quel format, et que se passe-t-il quand l'opérateur ne sait pas répondre. Une formule claire du type « il transmet la demande sans improviser » protège votre image. Enfin, demandez un interlocuteur en cas de problème et le délai de traitement d'une réclamation.
Interrogez enfin la manière dont les consignes évoluent. Votre activité change (nouveaux tarifs, nouvelle zone, congés) et le prestataire doit pouvoir mettre à jour ses fiches rapidement, puis vous confirmer par écrit la prise en compte. Demandez aussi si vous pouvez relire des échanges pour contrôler la qualité du service ; la CNIL rappelle que, lorsque des appels sont enregistrés, les interlocuteurs doivent en être informés, notamment par une mention orale en début de conversation.
Confidentialité et RGPD : un prestataire sous-traitant
Le prestataire traite des données d'appelants (noms, numéros, motifs, éventuellement enregistrements) pour votre compte : il se trouve en principe dans la position de sous-traitant, vous restant responsable du traitement. L'article 28 du RGPD exige alors un contrat. D'après la CNIL, ce contrat doit notamment prévoir que le prestataire ne traite les données que sur instruction documentée, garantit la confidentialité des personnes autorisées, applique les mesures de sécurité requises, ne recrute un autre sous-traitant qu'avec l'autorisation préalable du responsable, vous aide à répondre aux demandes d'exercice des droits, supprime ou restitue les données au terme de la prestation et facilite les audits.
Transformez ces points en questions concrètes. Le prestataire fait-il appel à des sous-traitants ultérieurs, lesquels et où ? Où sont stockés les messages et les éventuels enregistrements, et pendant combien de temps ? Les appelants sont-ils informés de l'enregistrement ? Comment le secret est-il protégé si vous exercez une profession tenue à la confidentialité ? Que devient la donnée à la fin du contrat ?
Durée, prix et sortie du contrat
Relevez la durée d'engagement, les modalités de reconduction, le préavis de résiliation et la forme de la notification. Regardez ce qui est facturé : forfait, volume d'appels inclus, dépassements, frais de mise en service, indexation des tarifs. Demandez ce qui se passe si le service est interrompu ou dégradé : y a-t-il une compensation, un droit de sortie anticipée ?
Sur le droit applicable, une précision s'impose. Le délai de rétractation de quatorze jours prévu à l'article L221-18 du Code de la consommation est ouvert au consommateur. Entre deux professionnels, l'article L221-3 étend certaines protections du Code de la consommation aux contrats conclus hors établissement (au sens de l'article L221-1, notamment ceux conclus en présence physique des parties dans un lieu où le professionnel n'exerce pas son activité de façon permanente), à deux conditions : l'objet du contrat n'entre pas dans le champ de l'activité principale du professionnel sollicité, et celui-ci emploie cinq salariés au plus. Dans les textes consultés, rien d'autre ne prévoit de délai de rétractation général entre professionnels : ce sont les conditions du contrat qui s'appliquent, d'où l'intérêt de les lire avant de signer. En cas de doute sur votre situation, faites vérifier le contrat par un juriste.
Tester avant de s'engager
Demandez une période d'essai ou un engagement court, et préparez des appels de test : question simple, question hors périmètre, appel en dehors des horaires, demande de rappel urgent. Comparez la restitution reçue avec ce que vous attendiez, puis comparez les prestataires sur la même grille.
Pour comparer avec une autre approche, Alyas est un agent vocal IA qui répond à partir des informations que vous lui fournissez, annonce en début d'appel qu'il s'agit d'une IA et que l'appel est enregistré, et dépose la transcription et le résumé dans votre espace, avec des enregistrements, transcriptions et résumés hébergés dans l'UE. L'essai est gratuit pendant 10 jours, sans carte, ce qui permet de tester avant de s'abonner.
Questions fréquentes
Un télésecrétariat est-il sous-traitant au sens du RGPD ?
Quand il traite des données d'appelants pour votre compte, il se trouve en principe dans la position de sous-traitant. L'article 28 du RGPD impose alors un contrat qui encadre le traitement, la sécurité, les sous-traitants ultérieurs et le sort des données en fin de prestation.
Peut-on se rétracter dans les 14 jours après avoir signé ?
Le délai de quatorze jours de l'article L221-18 du Code de la consommation concerne le consommateur. Entre professionnels, l'article L221-3 ne l'étend que dans le cas décrit plus haut (contrat hors établissement, hors activité principale, cinq salariés au plus). Faites vérifier votre situation.
Quelle durée d'engagement choisir ?
Elle dépend de votre activité et de votre confiance dans le prestataire. Privilégiez, quand c'est possible, une période d'essai ou un engagement court, avec un préavis de résiliation clair et des conditions de restitution des données écrites.
