Ce que mesure l'Agence internationale de l'énergie
Dans son rapport Energy and AI publié en 2025, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) estime que les centres de données ont consommé environ 415 térawattheures (TWh) d'électricité en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation mondiale. Dans son scénario de référence, cette consommation ferait plus que doubler pour atteindre environ 945 TWh en 2030.
L'AIE désigne l'intelligence artificielle comme le facteur le plus important de cette croissance, aux côtés de la demande pour d'autres services numériques. Ces chiffres concernent l'ensemble des centres de données, pas la seule IA.
En France : un numérique déjà mesuré, une IA encore mal connue
La mise à jour de l'étude ADEME-Arcep publiée en janvier 2025, qui porte sur l'année 2022, évalue l'empreinte carbone du numérique à 4,4 % de l'empreinte carbone nationale, soit 29,5 millions de tonnes équivalent CO2. Les services numériques y représentent 11 % de la consommation électrique française, soit 51,5 TWh, et 65 TWh en incluant les centres de données situés à l'étranger qui hébergent des usages français.
Dans cette évaluation, les terminaux pèsent pour 50 % de l'empreinte carbone du numérique, les centres de données pour 46 % et les réseaux pour 4 %, et la fabrication des équipements concentre 60 % de l'empreinte. L'ADEME précise elle-même une limite importante : l'étude ne prend pas en compte le développement de l'IA générative.
Entraînement et usage : deux phases à distinguer
L'entraînement d'un modèle mobilise une grande puissance de calcul pendant une période donnée. Selon le rapport de l'Arcep publié en mai 2026 sur les défis environnementaux de l'IA générative, son impact dépend principalement du nombre de paramètres du modèle, du mix électrique et du matériel utilisé, et le nombre comme la taille des modèles n'ont cessé de croître.
L'usage, appelé inférence, correspond à chaque requête adressée au modèle une fois celui-ci entraîné. L'Arcep note que ses impacts sont moins documentés mais pourraient devenir un enjeu significatif en raison de la croissance des usages. Les tests menés avec le Pôle d'expertise de la régulation numérique (PEReN) montrent que les plus grands modèles sont les plus consommateurs, mais que des modèles de tailles très différentes peuvent consommer autant, et que certains modèles moins gourmands fournissent des réponses aussi pertinentes.
Pourquoi les chiffres restent incertains
L'Arcep souligne le manque de transparence des acteurs. Elle cite une étude de Luccioni et al. (2025) : sur 754 modèles d'IA analysés, déployés entre 2010 et le premier trimestre 2025, 84 % ne faisaient l'objet d'aucune information environnementale à la date de mai 2025. Les estimations publiées reposent donc sur des hypothèses, des mesures partielles ou des modèles ouverts, et peuvent diverger d'une source à l'autre.
Le lieu de production de l'électricité compte aussi. L'Arcep indique qu'en moyenne en 2024, le mix électrique polonais avait un contenu carbone 17,6 fois plus élevé que le mix français. Une même requête n'a donc pas le même effet climatique selon le pays où se trouve le centre de données. Méfiez-vous des chiffres cités sans date, sans périmètre ni méthode.
Ce qu'une entreprise utilisatrice peut faire
Le premier levier est de n'utiliser l'IA que là où elle rend un service réel. Un outil qui traite des appels qui, sinon, seraient perdus ou mobiliseraient une personne a une justification claire ; générer des contenus que personne ne lira n'en a pas. Le deuxième levier est le choix du modèle : les travaux du PEReN cités par l'Arcep montrent que certains modèles moins consommateurs fournissent des réponses aussi pertinentes que de grands modèles.
Interrogez aussi vos fournisseurs : où sont hébergés les traitements, quels modèles sont utilisés, quelles informations environnementales sont disponibles. Enfin, n'oubliez pas les terminaux, qui représentent la moitié de l'empreinte carbone du numérique selon l'ADEME ; pour l'ensemble du numérique, la phase de fabrication concentre 60 % de cette empreinte. Prolonger la durée de vie des ordinateurs et des téléphones agit sur cette part, avec ou sans IA.
Un usage ciblé de l'IA
Alyas utilise l'IA pour une tâche précise : répondre au téléphone de votre entreprise à partir des informations que vous lui fournissez, transférer quand c'est nécessaire et résumer chaque appel dans votre espace client. Ses données sont hébergées dans l'Union européenne. L'essai gratuit de dix jours permet de vérifier si ce service répond à un besoin réel de votre activité.
Questions fréquentes
Combien d'électricité consomment les centres de données dans le monde ?
Selon l'Agence internationale de l'énergie, environ 415 TWh en 2024, soit environ 1,5 % de la consommation mondiale d'électricité, avec une projection d'environ 945 TWh en 2030 dans son scénario de référence. Ces chiffres couvrent tous les usages des centres de données, pas seulement l'IA.
L'entraînement ou l'usage : qu'est-ce qui consomme le plus ?
Les deux phases ont des impacts distincts. L'Arcep relève que l'inférence, c'est-à-dire l'usage, est moins documentée que l'entraînement, mais pourrait devenir un enjeu significatif avec la croissance du nombre de requêtes.
Comment une entreprise peut-elle limiter l'impact de son usage de l'IA ?
En réservant l'IA aux tâches où elle rend un service réel, en privilégiant des modèles adaptés plutôt que surdimensionnés, en interrogeant ses fournisseurs sur l'hébergement et l'information environnementale, et en prolongeant la durée de vie de ses équipements.
